A propos
Il y a des chemins que l'on suit parce qu'ils sont tout tracés.
Et puis il y a ceux que l'on emprunte parce que les chemins balisés ne suffisent plus à comprendre ce qui se joue...

D'où je viens
Écouter pour entendre
Depuis plus de 25 ans, j'exerce en tant que psychologue auprès d'enfants, d'adolescents et de leurs familles, dans des services hospitaliers confrontés à la maladie, à la souffrance psychique, aux situations de vulnérabilité et de grande complexité. Cette pratique m'a appris à écouter au-delà des symptômes, à accueillir les récits singuliers, à accompagner les moments d'incertitude et à travailler avec des équipes engagées, dans des contextes où rien n'est jamais tout à fait simple.
Une question qui change tout
Au fil des années, une préoccupation revenait avec insistance : comment permettre à des jeunes qui en avaient besoin d'accéder plus facilement à un soutien psychologique ?
Cette question m'a conduite à imaginer un projet de Centre de Consultations Solidaires. Très vite, j'ai compris que le véritable défi n'était pas seulement clinique. Il fallait penser une organisation, articuler des acteurs, comprendre des usages, imaginer un modèle viable et le faire dialoguer avec les réalités institutionnelles.
L’expérience clinique m'avait permis de repérer un besoin. Il me manquait une méthodologie pour concevoir un service viable. C'est en cherchant cette méthodologie que j'ai découvert le design.
" L’expérience clinique m'avait permis de repérer un besoin. Il me manquait une méthodologie pour concevoir un service viable ".

La découverte du design
L'ENSCI - Les Ateliers Paris
J’ai intégré le Mastère Spécialisé Innovation by Design de l'ENSCI – Les Ateliers en 2024. J'y ai découvert des méthodes de conception, mais surtout une autre manière de produire des connaissances : enquêter avant de conclure, observer les usages plutôt que les intentions, concevoir avec les personnes concernées plutôt que pour elles, expérimenter, ajuster et apprendre du terrain.
Une autre manière de produire des connaissances
Cette démarche m'a naturellement conduite vers une pratique de recherche appliquée : une recherche qui vise à produire des connaissances directement mobilisables pour comprendre les situations, concevoir des propositions, les expérimenter et améliorer les pratiques. J'y vois une extension de ma pratique professionnelle. La clinique m'a appris la complexité des situations humaines ; la recherche me permet de formaliser et partager les connaissances utiles à l'action ; la conception transforme ces connaissances en outils, en méthodes ou en dispositifs susceptibles d'être expérimentés et partagés.
Une conviction s'est imposée
Écouter les expériences
Au cours de ce cursus, dans le cadre de ma thèse professionnelle, j'ai mené une immersion de terrain auprès de patients touchés par l’anorexie mentale, de proches et de professionnels de santé. J'ai recueilli des dizaines d'heures de récits. Des paroles parfois fragiles, souvent bouleversantes par leur sincérité, qui racontaient les frictions des parcours de soin, mais aussi la confiance, l'engagement et le désir partagé de construire des prises en charge plus humaines.
Cette immersion a profondément transformé mon regard. Plus j'écoutais ces histoires, plus une évidence s'imposait : L'expérience des personnes constitue une connaissance située, une intelligence de l'expérience irremplaçable, capable d'éclairer le fonctionnement réel des organisations et de révéler des dimensions que les indicateurs, les procédures ou les expertises institutionnelles ne suffisent pas toujours à saisir.
" L'expérience des personnes constitue une connaissance située, une intelligence de l'expérience irremplaçable ".
Faire dialoguer les différentes formes de savoirs
Elle m'a aussi amenée à interroger la place accordée aux différents savoirs dans les décisions qui concernent les personnes : Qui est entendu ? À quel moment ? Comment les expériences vécues peuvent-elles dialoguer avec les savoirs professionnels, scientifiques et institutionnels sans que l'un prenne le pas sur les autres ?
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De cette recherche est née une conviction qui guide aujourd'hui l'ensemble de mon travail : écouter ne consiste pas seulement à recueillir une parole. C'est créer les conditions d'une meilleure conception en faisant dialoguer ces différentes formes de savoirs. Lorsque les expériences vécues rencontrent les connaissances professionnelles, scientifiques et organisationnelles, les problèmes se redessinent, les ressources deviennent visibles et de nouvelles possibilités d'action apparaissent.

Prélude : une première mise en pratique
Cette réflexion m'a progressivement conduite à considérer le partenariat, l'expérience patient et la démocratie en santé comme les conséquences d'une autre manière de produire des connaissances et de concevoir les organisations : reconnaître que les décisions gagnent en justesse, pertinence et légitimité lorsqu'elles s'appuient sur la pluralité des expériences et des expertises.
C'est dans cette dynamique que j’ai conçu Prélude, un programme de recherche et de développement destiné à explorer, expérimenter et accompagner les transformations culturelles des organisations vers davantage de partenariat, d'engagement en santé et de participation des personnes concernées.
Ce qui guide aujourd'hui mon travail
Une démarche de recherche et développement
Aujourd’hui, cette manière de travailler est devenue le fil conducteur de tous mes projets : Je pars d'une question issue du terrain. J'enquête sur les expériences vécues et les enjeux qu'elles révèlent. Je fais dialoguer les différents savoirs, je conçois des réponses, je les expérimente dans le réel et j'en documente les enseignements afin qu'ils puissent être discutés, améliorés et réappropriés dans d'autres contextes.
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C'est ainsi que je conçois la recherche et développement : comme une circulation permanente entre le terrain, la recherche, la conception et l'expérimentation, où chaque étape nourrit les suivantes.
" Une circulation permanente entre le terrain, la recherche, la conception et l'expérimentation ".
Des projets et des collaborations
Cette démarche prend différentes formes.
Certaines questions donnent naissance à des projets de recherche et de développement que j'initie lorsqu'elles méritent une exploration approfondie.
D'autres émergent de collaborations avec des établissements, des collectivités ou des organisations qui souhaitent enquêter sur leurs propres enjeux, concevoir de nouvelles réponses ou expérimenter des dispositifs adaptés à leur contexte.
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Dans tous les cas, la logique reste la même : partir du terrain, construire avec les acteurs concernés et mettre les propositions à l’épreuve du terrain.
Pourquoi Les Chemins de Traverse ?
Quitter les itinéraires habituels

C'est cette philosophie et cette manière d'explorer les situations, de relier les savoirs et de faire émerger les ressources existantes qui a progressivement donné son identité et son nom à cette structure : Les Chemins de Traverse.
Les chemins de traverse sont des endroits que l’on explore rarement. Ce sont des passages que l'on emprunte lorsqu'on accepte de quitter les itinéraires habituels, pour explorer ce que l'on ne voit plus et où se trouvent pourtant des ressources précieuses : l'expérience des personnes concernées, les intuitions des proches, les ajustements quotidiens des professionnels, les initiatives locales, les solutions inventées dans les marges, les coopérations invisibles…
Ces savoirs sont souvent les premiers à révéler ce qui fonctionne, ce qui résiste et ce qui pourrait être transformé.
Une conviction qui guide mes projets
Mon travail consiste à créer les conditions pour qu’ils puissent être entendus, mis en dialogue avec d'autres formes de connaissances et mobilisés dans les processus de conception et de décision, pour contribuer à un meilleur équilibre entre les connaissances scientifiques, professionnelles, institutionnelles et expérientielles.
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Je crois que les transformations les plus durables émergent lorsque les organisations apprennent à reconnaître, relier et développer les ressources déjà présentes en leur sein, et lorsque les personnes retrouvent le pouvoir d'agir ensemble sur les réalités qu'elles vivent.
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C'est cette conviction qui guide aujourd'hui chacun de mes projets.